Château de Montguyon : après six ans d’attente, la restauration de la forteresse va débuter

Lauréat du Loto du patrimoine en 2023, le château de Montguyon s’apprête à bénéficier d’une première campagne majeure de travaux. Le chantier, dont le démarrage est prévu en novembre 2026, doit permettre de sécuriser les vestiges de cette ancienne forteresse médiévale, menacés par la dégradation des maçonneries et l’érosion du socle rocheux.

 

Une forteresse fragilisée par le temps  

Dominant la commune de Montguyon, en Haute-Saintonge, les ruines de l’ancien château témoignent de l’importance stratégique du site au cours du Moyen Âge et de l’époque moderne. Édifiée sur un éperon rocheux, la forteresse est mentionnée dès le XIe siècle, tandis que les parties les plus anciennes encore conservées remontent au XIIIe siècle.

Sa position lui confère un rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans, période durant laquelle Français et Anglais se disputent son contrôle. Au cours des guerres de Religion, le château devient une place forte protestante et accueille à plusieurs reprises Henri de Navarre, le futur Henri IV. Il connaît ensuite différentes transformations avant de perdre progressivement sa fonction défensive et de tomber en ruine.

Un incendie provoqué par la foudre en 1793 contribue à sa dégradation. Au XIXe siècle, le site est également concerné par l’exploitation des carrières de pierre situées sous le château. La commune en devient propriétaire en 1958. Malgré plusieurs campagnes de consolidation, notamment à la fin du XXe siècle, les vestiges demeurent fragiles. L’effondrement partiel du donjon en janvier 1982 rappelle la vulnérabilité de cet ensemble patrimonial.

Les vestiges et les anciennes écuries bénéficient d’une protection au titre des monuments historiques depuis 2004.

 

Le Loto du Patrimoine pour accélérer la sauvegarde   

En septembre 2023, le château de Montguyon est sélectionné parmi les projets départementaux de la Mission Patrimoine, portée par Stéphane Bern et déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de la Française des jeux.

Cette sélection représente un soutien financier important pour une commune rurale confrontée au coût élevé de la sauvegarde de son patrimoine. Une aide de 300 000 euros est accordée au projet au titre du Loto du patrimoine.

L’objectif prioritaire est de traiter les désordres les plus préoccupants, en particulier sur le front sud de la forteresse, où l’érosion des maçonneries et la fragilité du socle rocheux font craindre des effondrements. Une partie du site a d’ailleurs dû être fermée au public pour des raisons de sécurité.

Si la sélection intervient en 2023, les études, les procédures administratives, la consultation des entreprises et la mise au point du financement prolongent la préparation du chantier. Après six années de démarches et de préparatifs, le lancement des travaux est désormais annoncé pour novembre 2026.

Pus de 1,3 milion d'euros pour une première campagne de travaux

Le montant de cette première tranche est évalué à environ 1,323 million d’euros TTC. Le plan de financement est annoncé comme étant presque bouclé, avec une participation des aides de l’État, de la Région et de la Fondation du patrimoine.

Les interventions porteront d’abord sur la sécurisation de la partie sud du site. Elles comprendront le confortement du socle rocheux, le retrait de terres situées à l’arrière des maçonneries, ainsi que la reconstruction et la consolidation de portions de murs fragilisées.

La gestion des eaux pluviales constitue un autre enjeu majeur. Les infiltrations et le ruissellement contribuent à la dégradation des structures et des remblais. Des dispositifs de drainage et d’évacuation des eaux doivent donc être aménagés pour limiter ces phénomènes.

Les travaux concerneront également certaines parties du plateau et des remparts, notamment des secteurs dont les couvertures ont disparu. L’objectif est de protéger les maçonneries et d’éviter que l’eau ne poursuive son travail de dégradation.

Deux entreprises spécialisées dans la restauration du patrimoine ancien doivent intervenir : les Compagnons de Saint-Jacques, installés à Barbezieux, et RTS, entreprise située dans le Lot. Le chantier est prévu pour une durée d’environ un an.

Au-delà de la sécurisation, un projet de valorisation patrimoniale

Cette première tranche constitue une étape essentielle, mais elle ne représente qu’une partie du projet porté par la commune. La restauration complète du site doit s’inscrire dans une démarche plus large de valorisation historique, culturelle et touristique.

À terme, la municipalité souhaite améliorer les conditions d’accueil des visiteurs et permettre une découverte plus complète de la forteresse. La remise en valeur de la plateforme, des anciens fossés et de l’entrée sud fait notamment partie des opérations envisagées dans les phases ultérieures.

Le château accueille déjà des manifestations consacrées au Moyen Âge, parmi lesquelles des fêtes médiévales et des spectacles. La restauration doit contribuer à pérenniser ces usages et à renforcer l’attractivité patrimoniale de Montguyon.

Après plusieurs décennies de fragilisation et six années de préparation du chantier, le début des travaux marque donc une étape importante pour la conservation de l’ancienne forteresse. La priorité reste désormais de stabiliser les vestiges et de préserver durablement ce témoin de l’histoire militaire et seigneuriale de la Saintonge.

 

 

Article Romain CHARRIER - 25 octobre 2026

Sources documentaires : Fondation du patrimoine, dossier « Ruines de l’ancienne forteresse de Montguyon » ; Sud Ouest, article consacré à la sélection du château par la Mission Patrimoine en 2023 ; Haute-Saintonge, article du 23 octobre 2026 consacré au démarrage des travaux.